Distorsion Cognitive

Les Distorsions Cognitives sont des schémas de pensée irrationnelles ou exagérées qui sont connus pour perpétuer les effets d'états psychopathologiques, en particulier la dépression et l'anxiété. Le psychiatre Aaron T. Beck a posé les bases de l'étude de ces distorsions, et son étudiant David D. Burns a continué les recherches sur le sujet.

Les distorsions cognitives sont des pensées qui amènent les individus à percevoir la réalité de manière inexacte, selon les thérapeutes cognitifs. Il est dit que ces schémas de pensée renforcent les pensées et émotions négatives. Les distorsions cognitives ont tendance à interférer avec la façon dont une personne perçoit un événement. La façon dont une personne se sent est lié à sa manière de penser et donc ces pensées déformées peuvent nourrir les émotions négatives et mener un individu affecté par les distorsions cognitives vers une perception générale négative du monde et par conséquent, un état mental anxieux ou dépressif.

Voici des exemples de quelques distorsions cognitives communes observées chez les individus anxieux et dépressifs. Les personnes peuvent apprendre comment identifier et modifier ces distorsions par la Thérapie Cognitivo-Comportementale (Cognitive Behavioural Therapy). Les distorsions cognitives listées ci-dessous font partie des pensées automatiques et doivent être distinguées des erreurs logiques.

Toujours avoir raison

Avoir tort est impensable. Cette distorsion cognitive est caractérisée par le fait d'essayer activement de prouver que ses actions ou pensées sont justes, tout en, parfois, mettant la priorité sur son propre intérêt plutôt que sur les ressentis d'une autre personne.

Blâmer

L'opposé de la personnalisation; tenir l'autre personne responsable pour le mal que qu'elle cause, en particulier pour les actes découlant d'une détresse émotionnelle. Exemple : quelqu'un blâme son conjoint(e) entièrement pour tous les problèmes de couple, au lieu de regarder à sa propre responsabilité dans ces problèmes.

Disqualification du positif

Ne pas tenir compte des événements positifs. Exemple : Après avoir reçu des félicitations, une personne les discrédite sur le champ, en croyant qu'elle ne les mérite pas, et interprète automatiquement le compliment (au moins intérieurement) comme une flatterie ou venant peut-être d'une personne naïve.

Raisonnement émotionnel

Présumer que ses émotions reflètent la vérité des choses. Penser que quelque chose est vrai, seulement basé sur un ressenti.

Exemple : "Je me sens (càd. je pense que je suis) stupide ou ennuyant, donc ça veut dire que je le suis. Ou, ressentir la peur de voler en avion veut dire que les avions sont une façon très dangereuse de voyager.

Filtrage / Abstraction sélective

Se concentrer uniquement sur les éléments négatifs d'une situation, en excluant le positif. Il s'agit aussi de la tendance qu'a le cerveau à éliminer (par le filtrage) les informations qui ne se conforment pas aux croyances que nous avons déjà (voir aussi Biais de Confirmation).

Exemple : Après avoir reçu des commentaires à propos d'une présentation orale, la personne se concentre sur le seul commentaire critique et ignore ce qui a bien été.

Tirer des conclusions hâtives / Inférence arbitraire

Tirer des conclusions hâtives (généralement négatives) à partir de peu (voire pas) de preuves. Nous pouvons identifier deux sous-catégories de conclusions hâtives :

  • Lecture de pensée : Déduire les pensées possibles ou probables (généralement négatives) d'une personne à partir de son comportement ou communication non-verbale; prendre des précautions contre le pire que l'on aie soupçonné ou d'autre conclusion hâtive, sans demander quoique ce soit à la personne.

Exemple : Un journaliste voulant écrire un article sur un sujet particulier déduit que les lecteurs du journal ont déjà un avis sur la question et qu'il est donc inutile de l'écrire.

  • Prédire l'avenir : prédire des événements (en général négatifs).

Exemple : Être convaincu d'échouer avant un test, alors qu'en fait l'étudiant est préparé.

Etiquetage

  • L'étiquetage est un type de surgénéralisation plus sérieux : attribuer les actions d'une personne à son caractère au lieu d'un attribut accidentel. Au lieu de supposer qu'un comportement était accidentel ou extrinsèque, la personne assigne une étiquette à quelqu'un ou quelque chose qui implique le caractère de cette personne ou chose.

Exemple : Au lieu de croire que vous avez fait une erreur, vous pensez que vous êtes un perdant, un loser, parce seul un loser ferait ce genre d'erreur. Ou, quelqu'un qui vous a donné une mauvaise impression est un "crétin", en l'absence de raison spécifique.

  • Ce qu'on appelle "l'étiquetage incorrect" lui, implique de décrire un événement d'une façon qui a une forte connotation de l'évaluation personnelle de l'événement.

Exemple : Une femme qui place son enfant dans une crèche "abandonne son enfant à des inconnus", car pour la personne qui dit cela, le lien entre la mère et l'enfant est extrêmement important.

Amplification et minimisation

Donner plus de poids à un échec, une faiblesse ou une menace perçue, ou enlever du poids à un succès, une force ou une opportunité perçue. Il est assez commun dans la population normale de populariser des expressions comme "en faire toute une montagne". Chez les clients dépressifs, les caractéristiques des autres personnes sont souvent exagérées et les caractéristiques négatives sont sous-estimées. Voici une sous-catégorie de l'amplification : la pensée catastrophique.

La pensée catastrophique

Donner plus de poids au pire résultat possible, qui est peu probable d'arriver, ou le fait d'expérimenter une situation comme insupportable ou impossible alors que c'est juste inconfortable. Exemple : un adolescent a trop peur de prendre des cours d'auto-école car il croit qu'il lui arriverait un accident.